Jeudi 27 septembre 2007 4 27 /09 /Sep /2007 11:09

encrier-testament.gif Nous célébrons aujourd'hui l'anniversaire de naissance de Jacques-Bénigne Bossuet, né il y a 380 ans à Dijon, le 27 septembre 1627.

Jacques-Bénigne Bossuet, fils d'un conseiller au parlement, surnommé par la suite « l’Aigle de Meaux », fait ses études secondaires chez les jésuites du Collège des Godrans, ses études supérieures au Collège de Navarre et à la Sorbonne.

Il se fait une telle réputation d’orateur qu’il prêche, à quinze ans, à l’hôtel de Rambouillet. C’est très certainement grâce à saint Vincent de Paul dont il soutient l’action, qu’il deviendra sans doute l’un des plus grands prédicateurs.

Ordonné prêtre en 1652 c’est à Metz qu’il exerce son ministère jusqu’en 1659. Nommé évêque de Condom en 1669, il prononce l’Oraison funèbre d'Henriette Marie de France, reine d'Angleterre, puis celle d’Henriette Anne, duchesse d’Orléans. Il est élu à l’Académie française en 1671.

Il privilégie de 1670 à 1681 sa fonction de précepteur du Dauphin Louis de France, fils de Louis XIV à ses activités pastorales.

C’est en 1681 que paraît son fameux « Discours sur l’histoire universelle », ouvrage faisant partie des nombreux autres écrits pour son élève.

Appelé en 1681 à l’évêché de Meaux par Louis XIV, il s’implique par la suite dans le conflit qui oppose le roi et le pape Innocent XI sur le droit d’ingérence du Saint-Siège dans les affaires de la France. Il rédige la déclaration de 1682 sur les libertés de l’Église gallicane, qui fixe les limites du pouvoir spirituel des papes et du pouvoir temporel des rois. Il poursuit sa grande idée, qui est la réunion de toutes les Eglises. Du reste Il entretient depuis 1690 une correspondance avec le philosophe luthérien Leibniz sur ce sujet.

En 1698 il écrit un pamphlet, « Relation sur le quiétisme », qui entraîne en 1699 la condamnation à Rome de la doctrine de Madame Guyon et des écrits de Fénelon, représentants français du quiétisme, par Innocent XII. Il porte une condamnation impitoyable et sans nuances sur le théâtre et les comédiens.

Il meurt le 12 avril 1704 alors qu’il était en pleine polémique avec avec Richard Simon à propos de l’exégèse et de la critique historique des écrits bibliques.

Ses principales oeuvres :

Oraison funèbre de Henriette Marie de France, reine de la Grande-Bretagne (1669)
Oraison funèbre de Henriette-Anne d’Angleterre, duchesse d’Orléans (1670)
Exposition de la doctrine de l’Église catholique (1671)
Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même (1741)
Discours sur l’Histoire universelle (1681)
Traité de la communion sous les deux espèces (1682)
Oraison funèbre de Marie-Thérèse d’Autriche infante d’Espagne, reine de France et de Navarre (1683)
Oraison funèbre de Très-Haute, et Très-Puissante princesse Anne de Gonzague de Clèves, princesse palatine (1685)
Oraison funèbre de Très-Haut, et Très-Puissant prince Louis de Bourbon, prince de Condé (1687)
Histoire des variations des Églises protestantes (1688)
Défense de la Tradition et des saints Pères (1693)
Maximes et réflexions sur la comédie (1694)
Relation sur le quiétisme (1697)
La Politique tirée de l’Écriture sainte (1709)
Traité de la concupiscence (1731)
Lettres Publication posthume (1753)

Extrait de Oraison funèbre de très haut et très puissant prince Louis de Bourbon, prince de Condé, premier du sang prononcée dans l'église de Nostre-Dame de Paris le 10e jour de mars 1687 :

« Monseigneur, au moment que j'ouvre la bouche pour célébrer la gloire immortelle de Louis De Bourbon, prince De Condé, je me sens également confondu, et par la grandeur du sujet, et, s' il m' est permis de l' avouer, par l' inutilité du travail. Quelle partie du monde habitable n' a pas ouï les victoires du prince De Condé et les merveilles de sa vie ? On les raconte partout : le français qui les vante n' apprend rien à l'étranger ; et, quoi que je puisse aujourd'hui vous en rapporter, toujours prévenu par vos pensées, j'aurai encore à répondre au secret reproche que vous me ferez, d'être demeuré  beaucoup au-dessous. Nous ne pouvons rien, faibles orateurs, pour la gloire des âmes extraordinaires : le sage a raison de dire que leurs seules actions les peuvent louer ; toute autre louange languit auprès des grands noms, et la seule simplicité d' un récit fidèle pourrait soutenir la gloire du prince De Condé. Mais, en attendant que l'histoire, qui doit ce récit aux siècles futurs, le fasse paraître, il faut satisfaire, comme nous pourrons, à la reconnaissance publique et aux ordres du plus grand de tous les rois. Que ne doit pas le royaume à un prince qui a honoré la maison de France, tout le nom français, son siècle et, pour ainsi dire, l' humanité toute entière ! Louis Le Grand est entré lui-même dans ces sentiments. Après avoir pleuré ce grand homme, et lui avoir donné par ses larmes, au milieu de toute sa cour, le plus glorieux éloge qu'il pût recevoir, il assemble dans un temple si célèbre ce que son royaume a de plus auguste pour y rendre des devoirs publics à la mémoire de ce prince ; et il veut que ma faible voix anime toutes ces tristes représentations et tout cet appareil funèbre. Faisons donc cet effort sur notre douleur. Ici un plus grand objet, et plus digne de cette chaire, se présente à ma pensée. C'est Dieu qui fait les guerriers et les conquérants. c'est vous, lui disait David, qui avez instruit mes mains à combattre, et mes doigts à tenir l'épée. s'il inspire le courage, il ne donne pas moins les autres grandes qualités naturelles et surnaturelles, et du coeur et de l'esprit. Tout part de sa puissante main : c'est lui qui envoie du ciel les généreux sentiments, les sages conseils et toutes les bonnes pensées ; mais il veut que nous sachions distinguer entre les dons qu' il abandonne à ses ennemis et ceux qu'il réserve à ses serviteurs. Ce qui distingue ses amis d' avec tous les autres, c'est la piété : jusqu'à ce qu'on ait reçu ce don du ciel, tous les autres non seulement ne sont rien, mais encore tournent en ruine à ceux qui en sont ornés. Sans ce don inestimable de la piété, que serait-ce que le prince De Condé avec tout ce grand coeur et ce grand génie ? Non, mes frères, si la piété n'avait comme consacré ses autres vertus, ni ces princes ne trouveraient aucun adoucissement à leur douleur, ni ce religieux pontife aucune confiance dans ses prières, ni moi-même aucun soutien aux louanges que je dois à un si grand homme. Poussons donc à bout la gloire humaine par cet exemple ; détruisons l'idole des ambitieux ; qu' elle tombe anéantie devant ces autels. Mettons ensemble aujourd'hui, car nous le pouvons dans un si noble sujet, toutes les plus belles qualités d' une excellente nature ; et, à la gloire de la vérité, montrons, dans un prince admiré de tout l'univers, que ce qui fait les héros, ce qui porte la gloire du monde jusqu'au comble, valeur, magnanimité, bonté naturelle, voilà pour le coeur ; vivacité, pénétration, grandeur et sublimité de génie, voilà pour l'esprit, ne seraient qu'une illusion si la piété ne s'y était jointe ; et enfin, que la piété est le tout de l'homme. C'est, messieurs, ce que vous verrez dans la vie éternellement mémorable de très haut et très puissant prince Louis De Bourbon, prince De Condé, premier prince du sang... »

A bientôt et portez-vous bien !

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Publié dans : CÉLÉBRATIONS
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