Mardi 26 février 2008 2 26 /02 /Fév /2008 02:29

undefined
Pour célébrer le 206ème anniversaire de la naissance de Victor Hugo, je vous invite à découvrir ou redécouvrir un poème extrait de La Légende des siècles, dans lequel il évoque son père le général Hugo, en débutant par le vers célèbre : "Mon père, ce héros au sourire si doux." Vous trouverez ce texte après sa biographie à lire ci-dessous.

Fils d'un général d'Empire souvent absent, Victor Hugo, né le 26 février 1802 à Besançon, est élevé surtout par sa mère. Alors qu'il est encore élève au lycée Louis le Grand, il se fait connaître en publiant son premier recueil de poèmes, Odes, et obtient, pour celui-ci, une pension de Louis XVIII. Chef d'un groupe de jeunes écrivains, il publie en 1827 sa première pièce de théâtre en vers, Cromwell, puis Orientales, Hernani. Il s'impose comme le porte-parole du romantisme aux côtés de Gérard de Nerval et de Gauthier. En 1831, il publie son premier roman historique, Notre-Dame de Paris, et en 1838 son chef-d'oeuvre romantique Ruy Blas. En 1841, il est élu à l'Académie française. En 1843, la mort de sa fille Léopoldine le déchire et le pousse à réviser son action. Il entame une carrière politique. Elu à l'Assemblée constituante en 1848, il prend position contre la société qui l'entoure : la peine de mort, la misère, l'ordre moral et religieux. En 1862 il termine Les Misérables, après en avoir abandonné la rédaction pendant quinze ans. Fervent opposant au coup d'Etat du 2 décembre 1851, il doit prendre le chemin de l'exil jusqu'en 1870. Installé à Jersey et Guernesey, il écrit Les Châtiments, et Les Contemplations. De retour en France, à plus de 60 ans, il entame la rédaction de La Légende des siècles. Poète romantique, dramaturge en rupture avec les codes classiques, et auteur de romans mythiques, Victor Hugo connaît la gloire populaire et la reconnaissance de ses pairs. Il meurt le 22 mai 1885.

Après la bataille

Mon père, ce héros au sourire si doux,
Suivi d’un seul housard qu’il aimait entre tous
Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,
Parcourait à cheval, le soir d’une bataille,
Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.
Il lui sembla dans l’ombre entendre un faible bruit.
C’était un Espagnol de l’armée en déroute
Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,
Râlant, brisé, livide, et mort plus qu’à moitié,
Et qui disait : « À boire ! à boire par pitié ! »
Mon père, ému, tendit à son housard fidèle
Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,
Et dit : « Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé. »
Tout à coup, au moment où le housard baissé
Se penchait vers lui, l’homme, une espèce de maure,
Saisit un pistolet qu’il étreignait encore,
Et vise au front mon père en criant : « Caramba ! »
Le coup passa si près que le chapeau tomba
Et que le cheval fit un écart en arrière.
« Donne lui tout de même à boire », dit mon père.

Victor Hugo, La Légende des siècles.


A bientôt et portez-vous bien !

undefined

Retour à l'accueil
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés