La première autobiographie « reconnue » en tant que telle est celle de Rousseau, Les Confessions datant du XVIIIe siècle, dont le titre a été inspiré par Confessions de saint
Augustin qui, elles, ne correspondent pas exactement au genre de l’autobiographie : en effet, bien qu’elles soient l’une des premières œuvres d’introspection, les Confessions
d’Augustin n’ont pas pour but de mettre l’accent sur la singularité individuelle de l’auteur, mais au contraire de présenter sa vie comme un cheminement intellectuel et spirituel caractéristique
de la condition humaine en général. Elles s'inscrivent de plus dans une démarche religieuse visant à convaincre le lecteur de l'importance de la rédemption. Le récit qui a lancé le genre
autobiographique reste les Essais de Montaigne.
Le genre autobiographique a mis beaucoup de temps à s’imposer, même si l’on peut trouver de nombreuses œuvres plus anciennes s’y s’apparentant, quoique n’en respectant pas scrupuleusement tous les principes. Au Moyen Âge n’existent que les biographies et les hagiographies, même si certaines œuvres comme Le Livre de Margery Kempe, mystique anglaise du XVe siècle, contiennent également de nombreux éléments autobiographiques.
Au XVIe siècle, avec l’humanisme, le genre s’affirme grâce à l’intérêt centré sur l’individu. On le voit avec Montaigne et ses Essais, bien que l’absence de chronologie nous défende d’y apposer le nom d’autobiographie au sens strict. Néanmoins, pendant la période classique, elle ne connaît guère de véritable avancée, car on apprécie peu de parler excessivement de soi (« Le moi est haïssable », selon Blaise Pascal). C’est un peu plus tard, en 1782, que Rousseau écrit la première véritable autobiographie — au sens moderne du terme : les Confessions.
Au XIXe siècle, à la suite de Rousseau, les « récits de vie » connaissent un véritable engouement et nombre d’auteurs vont écrire leur autobiographie, tels Chateaubriand (Mémoires d'outre-tombe) et Stendhal (Vie de Henri Brulard). De plus avec l’apparition du romantisme, le "moi" devient à la mode et nous assistons donc à une multiplication des œuvres autobiographiques.
Au XXe siècle, l’autobiographie change de nature avec le développement des sciences humaines : psychanalyse, sociologie et ethnologie y marquent un
tournant, notamment avec l’apparition de la notion d’inconscient. L’autobiographie s’intériorise et la justification sociale s’estompe au profit d’une difficile quête de soi.
A bientôt et portez-vous bien !