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La sextine est une forme poétique, composée de six sizains dont les mots en fin de vers restent les mêmes, mais répartis selon un ordre différent : mathématiquement parlant, il s'agit d'une
permutation d'ordre.
La première sextine est l'œuvre du troubadour Arnaut Daniel au XIIe siècle. Forme particulière du canso, elle fut notamment utilisée par Dante et Pétrarque, qui fixèrent son nom, puis Luís de Camões, Ezra Pound, Joan Brossa et Louis Zukofsky.
L'Oulipo s'est également emparé de cette contrainte. Raymond Queneau la généralise en inventant la quenine, modifiant le nombre de strophes, Oskar Pastior l'étend aux syllabes et phonèmes avec sa minisestina (mini-sextine), Ian Monk la combine avec les mots nombrés pour les « monquines » et Hervé Le Tellier se base sur elle pour la structure de son livre La Chapelle Sextine.
Sextine du temps présent (Claude Ber)
Sans pitié le couteau du temps
Avant nous détruit nos visages
Et les débris de notre image
Se figent avec notre sang
Mais en cruauté nos carnages
Dépassent de loin ses tourments
Dans l’histoire de nos tourments
La démence de notre temps
Ajoutant son lot de carnages
Aura brûlé vif les visages
Et explosé les corps en sang
Nous dépeçant d’humaine image
Des croyances à notre image
Infligent torture et tourment
Comblant de cadavres en sang
Le cercueil grand ouvert d’un temps
Qui troue d’acide les visages
Et retourne aux dieux de carnages
S’inventent raisons nos carnages
Et de leurs gains cachent l’image
Se vendent jusqu’à nos visages
Quand font massacres et tourments
Recette à la bourse du temps
Où nos mains troquent notre sang.
Nos vérités ont goût de sang
Et sont masques de nos carnages
Grimées à la mode du temps
Vénérant leurres et images
Qui se repaissent de tourments
Aux trous ravagés des visages
Des enfants tués nos visages
Reflètent pour toujours le sang
Des chairs arrachées des tourments
De nos crimes et nos carnages
Nous rendent voyeurs nos images
Terre se meurt pendant ce temps
Pour legs ce temps et pour visage
N’aura qu’image en flot de sang
Rien que carnages et tourments
Claude Ber
http://www.wmaker.net/claudeber2/
A bientôt et portez-vous bien !
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