Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky, dit Guillaume Apollinaire, est né à Rome en 1880 et mort à Paris, deux jours avant l'armistice de 1918, le 9 novembre.
A l’aube de la Grande Guerre, il publie un recueil de poèmes sous le titre Alcools, où il rassemble des pièces écrites dans les quinze dernières années de sa vie, et livre au public le recueil sans doute le plus marquant de ce siècle en France. L’ouvrage consacre le souverain imaginaire du poète, que ses errances poétiques conduisent d’un espace à un autre, au gré de ses caprices.
Apollinaire semble bannir les traditions dans lesquelles il puise pourtant abondamment. Sans compter les sources bibliques ou mythologiques, il reprend dans ses vers le style lyrique et élégiaque des poètes romantiques et symbolistes. Mais il se veut un novateur et entend libérer le vers, son rythme, sa cadence. Il concilie deux styles apparemment inconciliables : la poésie pastorale et la poésie des villes. Il ne recule à vrai dire jamais devant ces audaces, quoique les plus connus de ses poèmes soient d’une facture plus classique. Parmi ceux-là, bien sûr, étincelle doucement la nostalgie crépusculaire de la romance inspirée par le départ de sa bien-aimée, Marie Laurencin. Cette fois, l’auteur oublie provisoirement toutes les innovations surréalistes et modernistes, pour se livrer tout entier à la tristesse de ses vers qui coulent à l’image de la Seine :
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Voici quelques poèmes de ma composition :
Le miroir reflète etèlfer riorim eL
A l'envers répète etèpér srevne'l A
L'image en écho ohcé ne egami'L
Des deux faux jumeaux xuaemuj xuaf xued seD
Collés dos à dos sod à sod sélloC
Les deux animaux se menacent menacent se animaux deux Les
Dans un étrange face-à-face face-à-face étrange un Dans
Les noirs sont égaux aux blancs, il faut l’écrire noir
sur
blanc
par-dessus
Ce qu'il aimait tout
Chez elle, c'était ses
dessous
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A bientôt et portez-vous bien !