Au lire de mon dernier article posté sur ce blog, intitulé Du mariage de Figaro, vous avez peut-être compris que j'essaye de vous donner une bonne idée de cadeau à faire pour Noël. Je
vous rappelle donc que mon nouveau livre, Petit dictionnaire des grandes phrases de l’Histoire, est en vente depuis le mois de septembre dernier. Voici ci-dessous un nouvel extrait. Je
tâcherai d'en poster régulièrement jusqu'aux fêtes de fin d'année :
De la vie mouvementée du théologien et philosophe français Pierre Abélard, on connaît surtout sa liaison tragique avec l’une de ses élèves : Héloïse. Vers
1130, il écrivit une autobiographie intitulée Histoire de mes Malheurs, également connue sous le titre de Lettre à un ami. Nombreux spécialistes prétendent sans véritables fondements
qu’elle est en réalité l’œuvre de Jean de Meung, célèbre continuateur du Roman de la Rose. Dans cette lettre, Abélard évoque entre autres les difficultés qu’il rencontra lorsqu’il voulut épouser
Héloïse. Il dit : « Elle repoussait énergiquement cette union comme un déshonneur et comme une charge pour moi, Elle me représentait à la fois l’infamie et les difficultés du mariage, difficultés
que l’apôtre nous exhorte à éviter quand il dit : "Es-tu libre d’épouse ? Ne cherche point d’épouse, se marier, pour l’homme n’est point pécher ; ce n’est point pécher non plus pour une vierge.
Cependant ils seront soumis aux tribulations de la chair, et je veux vous épargner." Et encore : "Je veux que vous soyez sans inquiétude." Si je ne me rendais ni au conseil de l’apôtre, ni aux
exhortations des saints sur le poids du joug conjugal, je devais au moins, disait-elle, écouter les philosophes et prendre en considération ce qui avait été écrit, à ce sujet, soit par eux soit
pour eux. »
L’authenticité de la correspondance rythmée que les deux aimés entretinrent n’est en revanche pas mise en cause. Voici le passage de l’une des innombrables lettres qu’Abélard adressa à Héloïse :
« A son étoile la plus claire dont les rayons m’ont charmé naguère : qu’elle brille d’un éclat perpétuel tel qu’aucun nuage ne puisse l’assombrir. Puisque c’est toi, ma très douce dame, qui me
l’a enseigné ou, pour mieux dire, puisque la flamme très brûlante de l’amour m’y oblige, ton bien-aimé n’a pu s’empêcher, à défaut de sa présence, de te saluer comme il peut, par le truchement
d’une lettre. »
Extrait du Petit dictionnaire des grandes phrases de l’Histoire (Henri Pigaillem, City éditions, 2008).
A bientôt et portez-vous bien !