Pour commémorer l'anniversaire de naissance de Montesquieu, né le 18 janvier 1689, je vous invite à lire ou relire la brève biographie que lui a consacrée
Goethe dans son ouvrage « Des Hommes célèbres de France au XVIIIe siècle, et de l'état de la littérature et des arts à la même époque. »
« Né en 1689, mort en 1755.
Cet homme illustre est si connu de tous les lecteurs, parmi nous comme dans sa patrie, que je n’entrerai point dans de longs détails à son égard. Je ne relève pas l’absurdité des critiques, qui
ont prétendu qu’il n’était qu’un bel esprit. Je renvoie à l’article de D’Alembert, où j’ai déjà eu l’occasion d’apprécier la valeur de ces arrêts rendus au tribunal de l’envie ou de
l’ignorance.
Montesquieu débuta dans la littérature par ses Lettres persanes, dans lesquelles, à travers le voile transparent d’une fiction ingénieuse, il sut offrir aux yeux de ses compatriotes des vérités
hardies, faire entrer dans un cadre étroit les principes les plus importants de la politique et de la philosophie, suppléer à l’étendue des développements par la profondeur des pensées, et
souvent donner en quelques lignes l’équivalent d’un grand ouvrage.
Ce roman annonçait un homme de génie. Le public plein de confiance accepta la promesse; et dans le prodigieux succès de ce premier écrit, s’il y avait de la justice, il y avait aussi de
l’espérance.
Montesquieu remplit l’attente générale, et mit le comble à sa gloire, par son immortel ouvrage De l’Esprit des Lois, l’un des plus beaux monuments de son siècle, et même de tous les siècles.
Comme il s’était d’abord fait connaître par une production agréable, plusieurs de ses compatriotes veulent demeurer encore sur cette première impression, et se font contre lui un titre du plaisir
qu’il leur a donné, pour lui disputer l’admiration qui lui est due. C’est être ingrat et injuste : les fleurs ne peuvent nuire aux lauriers. Celui qui sait tour à tour plaire et instruire, rendre
l’amusement utile, et prêter des charmes aux vérités, dispense tous les bienfaits du génie, et mérite tous les hommages du genre humain.»
Johann Wolgang Von Goethe.
A bientôt et portez-vous bien !