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Mardi 30 mai 2006

Avant toute chose, sachez que vous trouverez désormais un nouveau sujet dans la section "Ne pas manquer", située en bas à droite. Quelques visiteurs fidèles m'ayant assuré ne pas pouvoir retrouver l'article concernant la correspondance entre George Sand et Gustave Flaubert, j'ai trouvé là l'occasion de mettre un lien vers ce texte. Donc bonne re-découverte ou découverte !

Mon nouveau livre est paru la semaine dernière. Prévu pour le 1er juin, on me signale qu'il se trouve déjà sur les tables des libraires.

Claude de France fut la première femme du roi François Ier. Mère du futur Henri II, grand-mère des rois François II, Charles IX et Henri III, c'est sous son règne que fut rattachée la Bretagne à la France, Bretagne jusque-là indépendante et convoitée depuis des siècles par les plus grandes puissances d'Europe.

"Claude de France, première épouse de François Ier"  fait partie d'une nouvelle collection mise en place par les éditions Pygmalion, qui ont décidé de faire reparaître la longue, excellente et célèbre série des "Rois qui ont fait la France", de Georges Bordonove, désormais comprise dans une collection parallèle (même présentation, même couverture, etc.).

Je vous propose de lire un extrait de Claude de France, première épouse de François Ier, Henri Pigaillem, Pygmalion : 

De retour dans son Blésois qui lui manque, Claude est heureuse de retrouver ses enfants.
Elle passe l’année plutôt en solitaire. Elle n’a en effet que peu souvent la visite de François, toujours en campagne ou dans les bras de Françoise de Châteaubriant, à Saint-Germain-en-Laye, Fontainebleau ou ailleurs. Lorsqu’il vient séjourner au château, sa maîtresse ne l’accompagne pas, afin de ne pas alourdir la tristesse de Claude.
De toute évidence, il s’ennuie auprès d’elle. Alors il tue le temps en s’adonnant à la chasse ou au jeu de paume. Puis, fiévreux d’aller briller avec éclat auprès des femmes, il quitte à nouveau le Val de Loire.
La solitude, la reine s’y est accoutumée depuis longtemps. Elle se rend souvent d’Amboise à Blois pour surveiller la poursuite des travaux du château. Elle se plaît à le modifier autant par goût que par respect de la mémoire de son père, qui a apporté au château les premiers éclats de la Renaissance. A la fin de 1521, la construction de l’aile qui portera son nom est sur le point d’être achevée. Toujours sous la conduite de François de Pontbriant, les sculpteurs de pierre achèvent de décorer la balustrade qui saille de la façade de la cour ainsi que le grand escalier du cygne ferré d’un dard, armes de la reine.
Embellir le château de Blois est une œuvre qui tient Claude à cœur. En revanche, elle a choisi de n’apporter aucune modification aux jardins de son enfance. Ils demeurent tels qu’ils étaient au temps d’Anne de Bretagne et de Louis XII : le jardin haut, entre autres, est divisé en parterre et des planches sont réservées à la culture potagère. Jean Coctereau, sommelier ordinaire de bouche, qui l’entretient, continue à recevoir des gratifications.
Grâce aux textes laissés par ses contemporains, et particulièrement ceux d’Antonio de Beatis, on connaît les goûts et la gourmandise de la reine pour les fruits et les légumes, parfois rares au XVIe siècle. Les jardiniers de Blois veillent aussi bien sur les artichauts ou sur les pommes que sur des plants de vigne, des chasselas, des mûriers blancs, des orangers. Ils entretiennent aussi les melons de Blois, considérés comme les meilleurs du royaume. Sous Louis XII, le jardinier et voyageur Marcoliano a rapporté de Naples des figuiers qui, malheureusement, sont dévastés par les grandes gelées de 1520.
Claude veille souvent elle-même à la cueillette des fruits et des légumes et fait planter de nouveaux carrés à son gré. On la dit d’une nature très contemplative et c’est toujours avec autant d’admiration qu’elle visite potagers et jardins.
Les vergers de Blois, Claude ne veut pas les voir disparaître. Ses fruits lui sont indispensables et lorsqu’elle voyage, des courriers sont chargés de lui en porter pour sa table.
On prétend à tort qu’elle reçoit un jour à Blois le naturaliste Pierre Belon, qui arrive tout droit d’Orient avec des fruits dont les plus rares sont des prunes. Belon les dédie à la reine en leur donnant son nom. La chose est impossible car Belon est né en 1517. En revanche, il est bien à l’origine de la variété de prunes appelée « reine-claude ».
Esprit très en avance sur son époque, l’un des plus grands scientifiques du XVIe siècle, Belon peut très tôt se livrer à l’étude de l’histoire naturelle grâce à la protection de René du Bellay, évêque du Mans. En 1545, installé à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, et sous la protection de Guillaume Duprat, évêque de Clermont, du cardinal de Lorraine et du cardinal de Tournon, il travaille pour le roi avant d’entreprendre, au début de 1546, un long voyage de trois ans qui le conduit en Grèce, en Crète, à Constantinople, à Alexandrie, au Caire, en Thrace, en Macédoine, en Asie mineure ou encore en Palestine et en Syrie.
A son retour en France, et après avoir recueilli de nombreuses observations lors de son voyage, il publie une grande quantité d’ouvrages tous d’une importance capitale. Il impose également la prune, qu’il a rapportée d’Orient et qui fut peut-être introduite pour la première fois en France par les croisés. A la suite d’expériences de greffages, il met au point une variété particulièrement sucrée et de couleur dorée ou verte. Étant alors au service d’Henri II, fils de Claude et roi de France, qui vient de lui délivrer une pension, il décide de la baptiser reine-claude, en hommage à la mère de son protecteur royal, qui fut « bonne et douce ».

Extrait de Claude de France, première épouse de François Ier, Henri Pigaillem, Pygmalion.

Ci-dessus : le Livre d'heures de Claude de France.

En tête d'article : Claude de France.

A bientôt et portez-vous bien ! 

 


publié dans : TEXTES INÉDITS
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