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Tout d'abord sachez, pour l'anecdote, que l'écrivain Valentin Conrart fut si ému et si euphorique d'être élu premier Secrétaire perpétuel de l'Académie française (dès sa création, en 1635), que, ne se sentant plus de joie, il improvisa un discours fleuve pour remercier ses électeurs. C'est depuis que la tradition exige qu'un élu à l'Académie française fasse un discours.
Créée par le cardinal de Richelieu, cette institution universellement célèbre eut une naissance difficile. Le cardinal-ministre voulut officialiser des réunions littéraires et érudites qui se tenaient depuis 1629 chez un critique écouté, Valentin Conrart. Les premières délibérations eurent lieu le 13 mars 1634 ; les statuts de l'Académie furent approuvés par Richelieu le 5 février 1635.
Ce dernier avait assigné pour tâche principale aux académiciens (dont un bon nombre assuraient son secrétariat littéraire et politique) d'établir, à travers la réalisation d'un dictionnaire et d'une grammaire officiels, un modèle de langue française compréhensible par tous et capable de répondre à sa politique d'unification et de centralisation du royaume. Cette nouvelle institution d'Etat apparut d'abord aux écrivains et au Parlement (qui mit trois ans à enregistrer l'acte de fondation) comme l'annonce d'un contrôle intolérable des publications: du jugement sur la forme, on passe vite à la condamnation de l'idée. Richelieu obligea ainsi l'Académie à intervenir dans la querelle du Cid de Pierre Corneille : les Sentiments de l'Académie sur le Cid (1638) imposèrent au théâtre le respect des règles classiques.
Le Dictionnaire de L'Académie française
La première édition du Dictionnaire de L'Académie française fut présentée à Louis XIV en 1694, suivie de sept autres en 1718, 1740, 1762, 1798, 1835, 1878 et 1932-1935. En 1992, paraissait le premier tome de la neuvième édition, suivie en 2000 du second.
Les membres de L'Académie française
L'Académie française compte, depuis 1639, 40 membres, qui disposent depuis 1712 de 40 fauteuils, offerts par Louis XIV pour établir une égalité parfaite entre les écrivains, les ministres et les grands seigneurs (que Richelieu avait imposés dès les premières nominations). Dissoute en 1793 par la Convention, l'Académie fut rétablie, sous la forme de la Classe de littérature et de langue française de l'Institut de France, par Bonaparte, qui donna à ses membres leur «habit vert». Elle reprit son titre d'Académie française en 1815. La première femme élue à l'Académie fut Marguerite Yourcenar, en 1980. L'Académie est administrée par un directeur et un chancelier élus pour une durée déterminée (généralement trois mois) et par un secrétaire perpétuel, élu à vie. Elle tient ses séances solennelles sous la coupole de l'ancien collège des Quatre-Nations, quai Conti, à Paris. Chaque année, elle décerne environ quatre-vingts prix littéraires, dont le grand prix de la Francophonie et le grand prix du roman.
Quelques grandes dates de L'Académie française
10 février 1634 :
Fondation de l'Académie Française
Louis XIII, sur les conseils de Richelieu, crée une nouvelle institution : l'Académie française. Le cardinal est nommé "père et protecteur" de l'académie qui compte 40 membres élus à vie. L'institution a pour but de donner à la langue française des règles précises afin qu'elle puisse à terme se substituer au latin. Sa première tâche sera de rédiger un dictionnaire. Mais l'Académie se doit aussi de donner son avis sur les livres. Pour Richelieu, elle constitue un moyen de contrôle sur toute espèce de réunion, même intellectuelle.
20 février 1811 :
Chateaubriand à l'Académie
L'écrivain François-René de Chateaubriand est élu à l'Académie française. Napoléon Ier lui interdit de prononcer son discours devant ses pairs, un éloge de liberté. En 1814, Chateaubriand fera son entrée en politique et écrira un pamphlet à l'égard du despotisme dans De Buonaparte et des Bourbons.
7 janvier 1841 :
Victor Hugo entre à l'Académie française
A 39 ans, et après avoir subi plusieurs échecs, Victor Hugo est élu à l'Académie française de justesse avec 17 voix sur 32. En prenant place au fauteuil 14, il remplace Népomucène Lemercier. A noter que Balzac échouera pas moins de cinq fois à son élection.
22 janvier 1970 :
Ionesco à l'Académie française
Eugène Ionesco est élu à l'Académie française par 18 voix contre 9 à Jules Roy, au fauteuil de Jean Paulhan (6ème fauteuil). Fils d'un Roumain et d'une Française, il s'installe en France en 1942 et écrit sa première oeuvre dramatique, La Cantatrice chauve, sous-titrée "anti-pièce", en 1950. Il parviendra à séduire un large public en 1958 avec "Rhinocéros" et Le roi se meurt. Ultime consécration : en 1984, il sera fait chevalier de la Légion d'honneur. Ionesco sera le premier auteur à être publié de son vivant dans la prestigieuse bibliothèque de la Pléiade.
6 mars 1980 :
Une femme à l'Académie française
Marguerite Yourcenar est la première femme élue à l'Académie française. A 76 ans, l'auteur des Mémoires d'Adrien et de L'Oeuvre au noir prend le fauteuil de Roger Caillois. Son admission au côté des "sages" provoque naturellement une vive polémique parmi les académiciens.
2 juin 1983 :
Senghor, premier écrivain noir à l'Académie française
L'homme d'Etat et écrivain sénégalais Léopold Sédar Senghor, 77 ans, est élu à l'Académie française au fauteuil du duc de Lévis-Mirepoix. Il est le premier écrivain noir à entrer à l'Académie française. Il a largement contribué à fonder et enraciner les concepts de négritude et de francophonie, avec ses amis Léon Damas et Aimé Césaire.
24 novembre 1988 :
Le commandant Cousteau à l'Académie Française
L’océanographe Jacques-Yves Cousteau, connu pour ses films sur les fonds marins et son engagement écologique, est élu à l’Académie Française. Il devient très présent dans les institutions en étant également conseiller pour l’ONU et la Banque Mondiale avant de s’éteindre en 1997.
Liste des membres de l'Académie en mars 2006 par ordre d'élection :
Henri Troyat
Maurice Druon
Claude Lévi-Strauss
Jean d’Ormesson
Jean Bernard
Félicien Marceau
Michel Déon
Jean Dutourd
Alain Decaux
Pierre Moinot
Michel Mohrt
Bertrand Poirot-Delpech
Pierre-Jean Rémy
Jacqueline de Romilly
Jean-Denis Bredin
Michel Serres
Hélène Carrère d’Encausse
Jean François Deniau
Marc Fumaroli
Le cardinal
Jean-Marie Lustiger
Pierre Rosenberg
Hector Bianciotti
François Jacob
Jean-François Revel
Jean-Marie Rouart
Erik Orsenna
René Rémond
Pierre Messmer
René de Obaldia
Florence Delay
Gabriel de Broglie
Pierre Nora
Angelo Rinaldi
Yves Pouliquen
Frédéric Vitoux
François Cheng
Valéry Giscard d'Estaing
Alain Robbe-Grillet
René Girard
Assia Djebar
Quelques prix décernés annuellement par l'Académie française
Littérature
Seuls les deux premiers de ces prix sont couramment rapportés par la presse, certains des autres pouvant être considérés comme purement honorifiques (médailles de vermeil) ou s'apparentant plus à une classique subvention.
Grand Prix de Littérature, prix créé en 1911, annuel jusqu'en 1981, biennal depuis 1983
Grand Prix du Roman, prix annuel de roman créé en 1918
Prix du Rayonnement de la Langue Française, prix annuel de langue française créé en 1960
Prix de l'Académie, prix annuel de littérature créé en 1970
Prix de la Nouvelle, prix annuel de nouvelle créé en 1971
Prix de l'Essai, prix annuel d'essai créé en 1971
Prix de la Critique, prix annuel de critique créé en 1971
Prix Pierre Benoit, prix annuel de littérature créé en 1973
Prix Roland de Jouvenel, prix annuel de littérature créé en 1974
Grand Prix de Littérature Paul Morand, prix biennal de littérature créé en 1977, première remise en 1980
Prix Ève Delacroix, prix annuel de littérature créé en 1977
Grand Prix de la Francophonie, prix annuel de francophonie créé en 1986
Prix de la Biographie, prix annuel de biographie créé en 1987
Prix Jacques Lacroix, prix annuel de littérature créé en 1989
Prix La Bruyère, prix annuel de littérature créé en 1994
Prix Émile Augier, prix annuel de littérature créé en 1994
Prix Émile Faguet, prix annuel de littérature créé en 1994
Prix Anna de Noailles, prix annuel de littérature créé en 1994
Prix François Mauriac, prix annuel de littérature créé en 1994
Philosophie
Prix du Cardinal Grente, prix biennal de philosophie créé en 1945
Prix Louis Castex, prix annuel de philosophie créé en 1969
Prix Montyon, prix annuel de philosophie créé en 1976
Prix Biguet, prix annuel de philosophie créé en 1976
Prix Moron, prix annuel de philosophie créé en 1987
Grand Prix de Philosophie, prix annuel de philosophie créé en 1987
Prix Raymond de Boyer de Sainte-Suzanne, prix biennal de philosophie créé en 1990
Poésie
Grand Prix de Poésie, prix annuel de poésie créé en 1957
Prix Henri Mondor, prix annuel de poésie créé en 1969
Prix Maïse Ploquin-Caunan, prix biennal de poésie créé en 1985
Prix Heredia, prix annuel de poésie créé en 1994
Prix François Coppée, prix annuel de poésie créé en 1994
Prix Paul Verlaine, prix annuel de poésie créé en 1994
Soutien à la création littéraire
Prix Amic, prix annuel de soutien à la création littéraire créé en 1932
Prix Mottart, prix annuel de soutien à la création littéraire créé en 1949
Prix Henri de Régnier, prix annuel de soutien à la création littéraire créé en 1994
Théâtre
Grand Prix du Théâtre, prix annuel de théâtre créé en 1980
Prix du jeune théâtre Béatrix Dussane-André Roussin, prix annuel de théâtre créé en 1983
Pour en savoir plus :
Site de l'Académie française : http://www.academie-francaise.fr/
Les 708 immortels depuis la création de l'Académie française : http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/700immortels.asp
A bientôt et portez-vous bien !

LES LIVRES DONT JE SUIS L'AUTEUR
GUILLAUME APOLLINAIRE ET MARIE LAURENCIN
OLYMPE DE GOUGES (1ère partie)
GEORGE SAND : L'AMITIE DE LA BONNE DAME DE NOHANT POUR FLAUBERT
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