Samedi 19 septembre 2009 6 19 /09 /Sep /2009 00:53



Château de Combourg,
35270 Combourg.

Monument historique privé ouvert d'avril à fin octobre

Fermé le Samedi (sauf juillet et août).

Mars et novembre : ouvert sur demande de groupes.
Renseignements : 02 99 73 22 95


« La fenêtre de mon donjon s'ouvrait sur la cour intérieure ; le jour, j'avais en perspective les créneaux de la courtine opposée, où végétaient des scolopendres et croissait un prunier sauvage. Quelques martinets qui, durant l'été, s'enfonçaient en criant dans les trous des murs, étaient mes seules compagnons. La nuit, je n'apercevais qu'un petit morceau du ciel et quelques étoiles. Lorsque la lune brillait et qu'elle s'abaissait à l'occident, j'en était averti par ses rayons, qui venaient à mon lit au travers des carreaux losangés de la fenêtre. Des chouettes voletant d'une tour à l'autre, passant et repassant entre la lune et moi, dessinaient sur mes rideaux l'ombre mobile de leurs ailes. Relégué dans l'endroit le plus désert, à l'ouverture des galeries, je ne perdais pas un murmure des ténèbres. Quelquefois, le vent semblait courir à pas légers ; quelquefois il laissait échapper des plaintes ; tout à coup, ma porte était ébranlée avec violence, les souterrains poussaient des mugissements, puis ses bruits expiraient pour recommencer encore. A quatre heures du matin, la voix du maître du château appelant le valet de chambre à l'entrée des voûtes séculaires, se faisait entendre comme la voix du dernier fantôme de la nuit. » (Mémoires d'Outre-Tombe.)


Pour en savoir plus :

http://www.combourg.net/francais.htm


Pour l'article suivant : SOURCE : Magazine littéraire du 1er janvier 2006.


« Partout silence, obscurité, visage de pierre : voilà le château de Combourg. » D'emblée, l'auteur des Mémoires d'outre-tombe fait émerger l'image pétrifiée d'un château féodal, mystérieux et inhabitable. L'enfant de huit ans qu'on amène de Saint-Malo, épris d'air marin, de jeux et de courses sauvages sur les grèves, se souviendra à jamais du perron de vingt-deux marches qui mène aux salles immenses et glaciales, aux embrasures de fenêtres épaisses comme des cabinets, aux souterrains murés. Planté comme « un char à quatre roues » au milieu des bois et des landes bretonnes, battu par les vents et les pluies de cet automne perpétuel qui semble l'habiter, hanté par son passé, Combourg est d'abord ce lieu mythique fixé par la mémoire de l'écrivain. Les pages les plus célèbres de son oeuvre lui sont consacrées, comme si François-René et René ne faisant qu'un, tout Chateaubriand se lisait dans les quelques scènes primitives qui s'y déroulent : l'arrivée à Combourg, les soirées d'automne, sa soeur Lucile, les « incroyables transports » dans les bois, le vague des passions. « C'est dans les bois de Combourg que je suis devenu ce que je suis, que j'ai commencé à sentir la première atteinte de cet ennui que j'ai traîné toute ma vie, de cette tristesse qui a fait mon tourment et ma félicité » affirme-t-il. (
Évelyne Bloch-Dano.)

 

A bientôt et portez-vous bien !


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