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Jeudi 7 septembre 2006
Par Thomas Poirier et  Alexandre Markoff

Parmi les nombreuses manifestations que l’on peut organiser dans les universités, une journée du livre a la particularité d’être originale, culturelle et de rassembler les étudiants, pour peut qu’elle soit thématique, autour d’un colloque ou autour d’un débat (avec les auteurs), tout en restant dans le cadre de la détente. Une journée du livre peut également être un acte militant, civique, et prendra en fait la connotation que vous voudrez lui donner.
On ne monte pas un salon du livre comme une manifestation culturelle ordinaire. Et encore moins comme une opération commerciale : un livre n’est pas simplement un objet aliénable à titre onéreux. Un livre se lit, et c’est ce qu’il y a d’écrit à l’intérieur qui fait que parfois on le jette au feu.
Une journée du livre peut être parfois un acte militant (le maire de votre ville, par exemple, qui a l’esprit badin à dit pour rire au conseil municipal "quand j’entends le mot culture je sors mon revolver"). C’est toujours un acte civique  : vendre des livres, les mettre directement à la disposition des étudiants, confronter les auteurs à leur public, c’est à la fois encourager la lecture et faire vivre l’édition, qui en a bien besoin.
On peut également organiser un salon du livre spécialisé pour un public précis : un salon du livre sur l’énergie nucléaire dans une fac de sciences, si vous en avez le courage. Si votre objectif n’est que de vendre des livres, vous risquez d’entendre si souvent revenir le mot "Salon-de-Versailles", lancez vous plutôt dans une soirée c’est moins long et ça rapporte plus.

Pour que votre journée soit, comme les réunions de l’ambassadeur, un véritable succès, il faut s’y prendre à l’avance. Comptez donc au moins deux mois de préparation. Oui, deux mois  : on vous avez prévenu, c’est du boulot.
Sachez que le temps des salons vient d’ordinaire en automne (rythme des parutions oblige) et qu’il peut être astucieux de vendre des bouquins à la veille des fêtes : pourquoi ne pas installer un stand papier cadeaux ? Néanmoins on se doute bien que vous ne serez pas les seuls à avoir la même idée : renseignez - vous alors sur ce qui se fait dans votre région.
Comment s’organiser ? A une seule ou a plusieurs associations. Il faut pouvoir mobiliser au moins une dizaine d’étudiants afin de les répartir dans de groupes de travail. A plusieurs associations, c’est l’occasion de collaborer ensemble à un même projet et de lui donner une plus grande envergure. Il vaut mieux éviter le partage du travail entre associations pour préférer une fusion suivant les affinités de chacun. L’idée est de faire fusion sous un même logo, un titre unitaire que l’on utilisera pour l’appel des auteurs, la recherche des sponsors et pour la publicité. Une fois que l’on a son nombre d’étudiants rien de tel que répartir tout ce beau monde dans des groupes de travail.

Pour que votre journée soit, comme les réunions de l ’ambassadeur, un véritable succès, il faut s’y prendre à l’avance. Comptez donc au moins deux mois de préparation. Oui, deux mois  : on vous avez prévenu, c’est du boulot.
Sachez que le temps des salons vient d’ordinaire en automne (rythme des parutions oblige) et qu’il peut être astucieux de vendre des bouquins à la veille des fêtes : pourquoi ne pas installer un stand papier cadeaux ? Néanmoins on se doute bien que vous ne serez pas les seuls à avoir la même idée : renseignez - vous alors sur ce qui se fait dans votre région.

N’oubliez pas que ce genre de manifestations est très répandue et en général pris en charge par de grosses structures qu’il ne vaut mieux pas concurrencer. Le problème est donc de trouver une bonne raison d’organiser une pareille manifestation qui motivera les auteurs à venir passer toute la journée assis à écrire "à Zezette, bien amicalement" sur la première page de leur bouquin. Le principal motif d’assister à votre salon, pour les auteurs, ce sera rencontrer des "jeunes" - qui, si possible, pratiquent la lecture, voire même qui seront susceptibles de lire leurs œuvres et d’en parler avec eux. Préparez donc un dossier complet dans l’esprit "brochure du club med" dans lequel devra apparaître : qui organise le salon, sa date, où se tiendra-t-il et surtout la raison pour laquelle ce salon n’est pas le énième où ils viendront s’ennuyer et vendre s’ils ont de la chance un, voire deux livres. N’hésitez pas pour cela à goupiller quelques animations supplémentaires, pour ne pas faire de votre journée une simple opération commerciale : avoir des auteurs réunis ensemble dans votre fac est une trop belle occasion pour se contenter de monter une librairie éphémère. Organisez donc des stands à thème, des coins débats que vous aurez soigneusement élaborés, des animations (théâtre, lectures, improvisations, petites expos...). Dans le dossier, n’hésitez pas non plus à donner un peu de personnalité à votre manifestation. Si vous êtes, pour votre malheur et votre honte, une association d’extrême droite, par mauvais exemple, vous ferez un salon du livre en prenant soin d’inviter des auteurs de votre bord afin de leur donner une tribune parmi un tas d’autres moins marqués, et votre dossier devra dire "pour promouvoir vos chouettes théories venez dans notre super salon". Si vous êtes dans une grosse fac de lettres ou de sciences humaines, dites plutôt qu’aucun salon ne se fait dans la région et mettez en avant l’idée que vous êtes les seuls à proposer une rencontre avec les étudiants qui ne rêvent que de pouvoir les approcher, les toucher et humer enfin la quintessence de l’esprit et de l’intelligence dans un périmètre clos.

Il n’est pas difficile d’inviter des auteurs : il suffit de faire de se rendre sur le site d'ELECTRE, de taper le nom de l’auteur pour voir apparaître la maison d’édition où il publie et la liste de ses derniers ouvrages. Ensuite,il faudra écrire une jolie lettre très motivante à ladite maison d’édition "à l’attention de..." votre auteur, où vous énumérerez toutes les bonnes raisons qui le pousseraient à venir dans votre fac.
C’est après que les choses se compliquent. Il vous faut recontacter la maison d’édition par téléphone une semaine ou dix jours après, demander à parler à l’attaché de presse, et faire le bilan de votre démarche. Trois conseils  : d’abord, commencer (très) tôt et viser large, car souvent 10 ou 15% des réponses positives représentent déjà un bon score. Ensuite, donner dès la première réunion à chacun des organisateurs, quelque soit son groupe, un nombre d’auteurs dont il sera responsable : c’est un très gros travail, il faut le répartir dès le début. Enfin, prévenir dès le début les étudiants de sa fac : on ne sait jamais, certains auront peut-être dans leurs connaisances un moyen de toucher plus directement les auteurs. Dans ce domaine, les "relations" procurent une efficacité incomparable.

Où faire la journée du livre ? Pourquoi pas dans le hall ? (avec des tables) qu’on aura si possible rendu plus convivial à l’aide de quelques artifices bien imaginés  : des plantes vertes, un peu de moquette, du papier craft, quelques bouteilles (eau et jus d’orange obligatoire, voire Bourbon, si vous avez les moyens...), et surtout des "hôtesses" - qui pourront sans sexisme être des mâles - pour assister les auteurs, et...leur faire la conversation s’ils s’ennuient  ! Si votre salon est assez ouvert, invitez quelques dessinatuers et auteurs de BD : leur succès est assuré, et cela met une bonne ambiance. On peut même demander à l’un d’eux de faire le dessin de l’affiche, ou d’utiliser un des siens à des fins de propagande. Un problème toutefois : les dessinateurs pendant les salons du livre sont les seuls à vraiment bosser. Au bout du 150ème Mickey Mouse "pour ma petite sœur s’il vous plait" il leur arrive d’avoir les yeux rouges, le teint vert, la plume molle et, alors qu’ils se trouvent dans un état de déliquescence avancée, de s’enfuir ventre à terre en jurant qu’on ne les y reprendra plus. Souvent, ce sera une raison pour décliner votre invitation.

Où trouver les livres ? Tout dépend de votre motivation. Si vous voulez gagner un peu d’argent, vous pouvez prendre vous-même en charge la gestion des ventes du début à la fin. Mais il faudra alors assurer la commande des bouquins, leur livraison, le retour des invendus etc. En un mot, c’est vraiment un gros travail. La solution de facilité consiste à faire appel à un libraire. Il faut ici essayer d’en dégoter un pas trop gros et pas trop éloigné : pour qu’il puisse voir un réel intérêt à travailler pour votre salon et garder avec vous un contact permanent. Il tiendra alors une caisse dans l’enceinte même de la fac, et se sera chargé lui-même de passer les commandes, à condition de l’avoir prévenu suffisamment tôt.

Si le salon se tient en plein hall ou à un endroit stratégique de votre campus, vous êtes assurés de la présence d’un minimum d’étudiants. Mais "toujours plus" étant votre devise, une publicité d’enfer peut vous faire doubler le nombre des présents. Radios, encarts dans les journaux, tout est bon mais en général cela ne dépend pas vraiment de vous, mais de vos moyens financiers, de vos réseaux. En revanche, vous pouvez plus facilement communiquer à l’aide de moyens plus classiques : les tracts, les affiches, les autocollants, les happening. Balancez tout quelques jours avant le salon, il est inutile de s’y prendre trop tôt. En ce qui concerne la presse (on privilégiera la presse spécialisée ou de proximité) vous pouvez vous reporter à la fiche pratique précédente, le principe étant grosso modo le même.

Il existe un organisme - "la maison des écrivains" - peu connu des associations étudiantes, mais qui a pour but , entre autres, de promouvoir les manifestations autour des livres dans les universités. Un simple salon commercial ne les passionnerait pas vraiment : en revanche, si vous savez monter des activités, même modestes, en amont de votre journée, de manière à mettre davantage l’écriture et les écrivains en avant, (ce que nous ne pouvons que vous encourager à faire) il vous sera possible de monter un partenariat avec eux. Factuel aura bientôt l’occasion de vous en reparler.

A bientôt et portez-vous bien !


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