Mercredi 3 novembre 2010 3 03 /11 /Nov /2010 00:18

André Malraux

Nous célébrons aujourd'hui le 109ème anniversaire de la naissance d'André Malraux, né le 3 novembre 1901. Dans exactement 20 jours, le 23 novembre, les médias ne manqueront sans doute pas de commémorer le trentième anniversaire de sa mort.

André Malraux arrête ses études à 17 ans mais sa culture littéraire lui permet rapidement de travailler comme libraire. Il publie peu de temps après ses premiers articles et côtoie le milieu artistique et littéraire parisien. En 1923, il part pour le Cambodge à la suite de problèmes financiers, dans l'idée de rapporter des statues khmères. L'affaire tourne mal et Malraux, accusé, passera quelque temps en prison. Libéré, il repart pour Saïgon et s'engage contre la colonisation en créant le journal l'Indochine, bientôt interdit par les autorités françaises. Après plusieurs voyages en Orient, André Malraux s'engage contre le fascisme dès 1933 et commande, en 1936, une escadrille lors de la guerre d'Espagne. Simple soldat, il est fait prisonnier en 1940 mais s'évade rapidement. Il s'installe alors dans le sud de la France et ne s'engage dans la Résistance qu'en 1944, sous le pseudonyme de "colonel Berger". Il fait une rencontre décisive en 1945, celle du général de Gaulle. De 1946 à 1958, il publie entre autres Les Voix du silence, Le Musée imaginaire et La Métamorphose des dieux. En 1959, il devient ministre d'État chargé des affaires culturelles, poste qu'il occupera jusqu'en 1969. On lui doit notamment la création des Maisons de la Culture. Au terme de sa carrière, Malraux a rédigé de magnifiques romans sur l'engagement et ses paradoxes : La Voie royale, L'Espoir. Ses cendres sont conservées au Panthéon depuis 1996.

Ayant été particulièrement séduit par Les Conquérants, mais n'étant pas autorisé à vous en proposer un extrait (le texte n'étant pas encore tombé dans le domaine public), je me contenterai de vous rappeler deux citations issues de cette oeuvre :

« Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie. »

« Juger, c'est de toute évidence ne pas comprendre puisque, si l'on comprenait, on ne pourrait pas juger. »

Les Conquérants a été publié en 1928, après une première parution en feuilleton dans La Nouvelle Revue Française. Il s'agit du premier des trois romans qu'il consacrera (sans lien entre eux) à l'étude de la condition humaine, à travers des épisodes de la lutte révolutionnaire dans la Chine contemporaine. Malraux disait des Conquérants :

« Ce livre n’appartient que bien superficiellement à l’histoire. S’il a surnagé, ce n’est pas pour avoir peint tels épisodes de la Révolution chinoise, c’est pour avoir montré un type de héros en qui s’unissent l’aptitude à l’action, la culture et la lucidité. Ces valeurs étaient indirectement liées à celles de l’Europe d’alors. »

Principales oeuvres d'André Malraux :

Lunes en papier, 1921.
La Tentation de l'Occident, 1926.
Les Conquérants, 1928.
Royaume-Farfelu, 1928.
La Voie royale, 1930 (Prix Interallié).
La Condition humaine, 1933 (Prix Goncourt).
Le Temps du mépris, 1935.
L'Espoir, 1937.
Le Démon de l'Absolu, 1946.
Esquisse d'une psychologie du cinéma, 1946.
Les Voix du silence, 1951.
La Métamorphose des dieux, 1957.
Antimémoires, 1967.
La Tête d'obsidienne, 1974.
Lazare, 1974.
Hôtes de passage, 1975.
La Corde et les souris, 1976.
Le Miroir des Limbes, 1976.
L'Homme précaire et la littérature, 1977 (posthume).

Références bibliographiques :

-Rémi Kauffer : André Malraux, le roman d'un flambeur, Paris, Hachette Littératures, 2001.
-François de Saint-Cheron : André Malraux, Paris, Ministère des Affaires étrangères, Direction générale des Relations culturelles, scientifiques et techniques, Sous-direction
de la Politique du livre et des bibliothèques, 1996.
-Olivier Todd : André Malraux, une vie, Paris, Gallimard, 2001.
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